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dimanche 13 septembre 2015

Je vis en Inde: Les disparitions

Les disparitions : chapitre 2 « Arbres et Ouvriers », New Delhi, 2003








Vous marchez dans les rues de la ville, à la recherche d'images assez abstraites, de moments où le contre-jour puissant dessine sur les visages des disparitions. Vous cherchez des ouvriers massifs, debout, dans la lumière de midi. Vous photographiez des têtes drapées d'un foulard, ou bien des bouches masquées d'une écharpe, des dormeurs, des ouvriers constellés de taches de peinture. Les rues sont pleines de dormeurs. On dort allongé sur un porte-charge, sur la pierre, sur un sac. On dort offert aux yeux de tous à la fois parce qu'ici la ligne qui sépare l'intime du public ne suit pas le même tracé qu'ailleurs, à la fois parce que dans les mégapoles une grande partie des travailleurs occupe les emplois du secteur informel et vit au jour le jour, dehors, dans une précarité absolue. Vous photographiez également des arbres, des arbres disparus sous les couronnes de fleurs, transformés en autels, des arbres souvent soigneusement enserrés dans les murs que la ville a construits, vous photographiez des racines jaillissant du rouge des briques, des arbres peints, des arbres porte-parapluies, porte-sac, porte-chaise, porte-tableau. Vous photographiez les ouvriers de tout âge, de tout sexe, venus creuser les tranchées dans lesquelles des câbles de fibres optiques seront tirés, ouvriers venus édifier l'Alliance Française de Delhi, ouvriers qui se louent à la journée, et qui, lorsque vous revenez leur offrir un tirage, ne sont plus là. Vous pourriez appeler ces images « Les disparitions » : elles dessinent une sous-ville, une ville de l'ombre, ville mineure, empreinte de ville…







(Des fragments de ce texte figuraient dans « La lettre d'hiver : Ashram express : les trains de papier », lettre radiophonique à Colette Fellous, Février 2004, pour son Carnet nomade, diffusé sur France-Culture)







copyrights cmazabrard



mardi 7 juillet 2015

L'art de regarder les regards

Chris. Marker parle de la photographie comme de "l'art de regarder les regards". En 2003, tu photographies, dans les rues de Nizamuddin East ou de Old Delhi, les regards des hommes. Au mois de mars, on écoute partout la radio, tu crois te souvenir que c'est la coupe du monde de cricket. Les hommes dans les rues n'écoutent pas l'actualité irakienne.




Watching TV





Radio

Radio

Radio











Parfois, des fillettes prennent possession des parcs…




samedi 10 mai 2014

Vertical Sleepers, a disLOCATION









Vertical Sleepers, a disLOCATION



They don't have any clue about the mental gesticulation happening in your mind you dislocate the three dimensions you redresses tout, you redress everything constamment tu vois vertical ce qui est couché constamment tu fight constamment tu te bats you straighten everything up tu tords les


lignes de fuite



 
tu refuses la réalité you straighten things out tu la redresses,
redresseuse de torts Ils dorment You put the wrongs right
redresseuse de corps (la vieille rengaine, ta vieille histoire, les terreurs d'enfance, le vieux désir de la voir marcher…) always that same old story that bonesetter's thing
disloqués
rebouteuse




disLOCATION déplacements de perspective, déplacements, écartèlement entre deux lieux displacement
terrainconnu




Vertical Sleepers, a disLOCATION