Ce blog associe bribes textuelles et photographies dans le but de créer des intensités, des départs narratifs.
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vendredi 19 juin 2015
samedi 6 décembre 2014
samedi 10 mai 2014
Vertical Sleepers, a disLOCATION
They don't have any clue about
the mental gesticulation happening in your mind you dislocate the
three dimensions you redresses tout,
you redress everything constamment tu vois
vertical ce qui est couché constamment tu fight
constamment tu te bats you
straighten everything up tu tords les
lignes de fuite
tu refuses la réalité
you straighten things out tu la redresses,
redresseuse de torts Ils dorment
You put the wrongs right
redresseuse de corps (la vieille
rengaine, ta vieille histoire, les terreurs d'enfance, le vieux désir
de la voir marcher…) always that same old
story that bonesetter's thing
disloqués
rebouteuse
disLOCATION déplacements de
perspective, déplacements, écartèlement entre deux lieux
displacement
terrainconnu
Libellés :
a disLOCATION,
Je vis en Inde,
Stèles,
Vertical Sleepers
dimanche 10 novembre 2013
samedi 28 septembre 2013
Le Chemin des Dames, été 2010
Signy l'Abbaye, Ardennes. On n'est pas nombreux par ici, tant mieux ! Moins on est de fous, plus on rit ! [Il rit]. Toutes les forêts deviennent privées, l'État n'a plus d'argent et vend tout. Heureusement, le débardage est réglementé, parce que sinon, avec leurs forêts privées, ils y passent n'importe quand avec le bois, ils s'en foutent, et après faut tout refaire… Dans dix kilomètres, c'est fini, c'est la craie, les grandes cultures… après c'est la Champagne… L'État s'en va, y'a plus rien : l'autre jour j'allais au tribunal de commerce, à Charleville, le gardien m'avait déjà fait vider tout ce qui pouvait faire du bruit avec le portique et il m'a demandé alors où j'allais : le tribunal de commerce n'était plus là mais à Sedan !L'habitat, ici, il est groupé. Une église, un château dans les temps reculés, parce que c'était un pays dangereux avec les frontières. Alors on n'a pas de ferme isolée. Quand les Allemands ont occupé, en 40, on était réfugié – nous, dans l'Allier, pas loin de Vézelay… les Allemands, ils géraient tout : les fermes, elles travaillaient pour eux.
L'association
plantes et savoirs en Champagne : tressage de blé, « Michel
Doyen effectuera une greffe en écusson sur merisier en lune
descendante. » ; à Château-Porcien, lessive au lierre.
Verger
de l'Abbaye de Vauclair
Pommes :
Marie Doudon, Rambourg rouge d'hiver, transparente blanche, drap
d'or, Rambourg de Lorraine, transparente Croncels, Pomme d'api
étoilée, Ponsard, Reinette clochard, Louifon, Pigeonnet de
Jerusalem, Jean Tondeur, Reinette Abry, Calville Saint-Sauveur, Jules
Labitte, Calville Alexandre, Colapuis, De Luc, Clermontoise, De Cave,
Bondy, Reinette dorée, De Sale, Duret, Golden, Belle de Boskoop,
Reine des reinettes, Croquet double des Ardennes, Jolibois, Saint
Louis, Reau, Saint Baussant, Belle fleur d'Argonne, Calville rouge,
Calville blanc d'hiver, Pigeonnet de Rouen, Reinette Fardel
Poires :
À cuire, Seacle, Williams, Curé, Catillac, Demie livre, Notre Dame,
Hubert, À Côte d'or, Frangipanne, Beurre Bachelier, Jules
d'airelles, Besi de Chaumontel, André Desportes, Beurre d'Aremberg,
Délice d'Hardenpont, Soldat laboureur, William's du dresse, Docteur
Jules Guyot, Épine du Mas, Baronne de Mello, Clapp'favourite, Cul
frisé
Église de
Barbonval, Marne (51)
L'orage
a tout détrempé. Les fenêtres ne permettent de voir que le ciel,
les nuages. Non, pas un orage d'été, mais une tornade noire, de la
grêle et des arbres hachés. Tu t'es barricadée à l'intérieur de
la chapelle en travaux, et l'as partagée avec des guêpes. Le
lendemain, profusion de prunes dans les fossés.
Jean-Pierre
F., Moussy Verneuil, Aisne. Il te propose, une fois que tu as
planté ta tente dans son jardin, de partager vos casse-croûte. Il
est allé à Compostelle, il est parti de la tombe de sa compagne et
se souvient de la joie des Sœurs en France, de leur simplicité
gaie, lui, l'anarchiste amoureux. De tant de choses même pas
imaginées : tomber à genoux et en pleurs, devant sa tombe.
Compostelle : un rendez-vous qu'il avait avec elle. À la lueur
de la bougie, dans la nuit tombée, il te raconte les champs de
jeunes gens labourés, massacrés, devenus glèbe. Son ami laboureur
(vous savez, généralement, un laboureur laboure en regardant devant
lui) regarde toujours derrière, pour voir ce qu'il ressort. Parce
que presque cent ans après, il ressort toujours des trucs. Il a
ressorti 52 corps. Le dernier, c'était en 2002. Le gars était les
pieds vers le haut. Dans sa besace, il y avait son portefeuille avec
une petite photo à l'intérieur et une boîte de sardines, qu'il
avait emportée au front. C'était peut-être le plus émouvant, la
petite boîte de sardines.
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